Les bums de plage
Réalisateur Eliza HITTMAN

Beach rats

Haris DICKINSON : Frankie
Kate HODGE : Donna, mère de Frankie
Madeline WEINSTEIN : Simone
Harrison SHEEHAN : Jeremy
David IVANOV : Alexei
Frank HAKAJ : Nick
Anton SELYANINOV : Jesse

DVD Prod Optimal
Parution 2017/ DVD 2018
Origine USA


Frankie, un adolescent solitaire des confins de sud Brooklyn (si si, l'Avenue Z existe !), vit une période troublée. Son père, en phase terminale d'un cancer, est mourant. Frankie n'a pas vraiment d'amis, il traine juste avec une bande de branleurs mal dégrossis, des "bums". Et il sombre petit à petit dans la drogue. La nuit, dans sa chambre, Frankie surfe sur les sites de rencontre homosexuels, sans avoir fanchi le pas de la "consommation" directe. Il discute uniquement avec des hommes plus âgés pour ne pas prendre le risque de rencontrer des connaissances de connaissances. Car Frankie est effrayé que son orientation se sache, secret à l'origine de ses angoises, de sa tristesse, de ses addictions. Pour tenter de se cacher, Frankie répond aux avances de Simone, sans pourtant ressentir le moidre désir. Puis il s'enfonce dans des rencontres furtives, sans amour, sans lendemain, où il n'est qu'un objet sexuel. Et au moment où parait un peu de lumière, perdu dans son mal-être, pressé par les bums, Frankie la laisse s'éteindre,, comme il laisse échaper la main tendue par sa mère.


Interprétation éblouissante de l'acteur principal, Harris DICKINSON, qui campe son personnage avec énormément de subtilité et de finesse. Seule Kate HODGE, la mère, arrive à lui donner une réplique à la hauteur ; les autres acteurs semblent bien falots à côté. Dommage !
Le thème de l'adolescent effrayé par son homosexualité dans un environnement plutôt agressif (ou qu'il croit agressif ?) a été maintes fois traité au cinéma, avec plus ou moins de bonheur. Eliza HITTMAN peine à maîtriser son sujet. En voulant être trop démonstrative, elle livre un film totalement naturaliste et descriptif, sans trop d'émotion, sans passion, sans poésie, à la limite de l'ennuyeux. Disons aussi qu'elle n'est pas aidée par la photographie : les prises de vue sont brutes et ternes, les corps mal filmés, sans aucune sensualité, et les mouvements de caméra sont brusques et imprécis. Comme c'est un film US, aucune liberté avec les corps, malgré quelques tentatives coupées in extremis, éliminant tout naturel.
Désolé de contredire un "grand" cinéaste, mais le seul érotisme qui sort de ce film, c'est la beauté plastique, l'expressivité faciale, le charme du sourire, la puissance du regard, autant dans la joie que dans le désespoir, et la voix douce, chaude et posée de Harris DICKINSON. Soulignons également sa parfaite diction, à l'heure où les acteurs de sa génération (surtout les Français) ont pratiquement tous de la bouillie dans la bouche. Le film est sauvé par l'interprétation magistrale de ce jeune acteur britannique.
Encore une fois, un titre français putassier. Pourquoi "bum" ? Ce mot signifie "fesses, derrière, cul" en Anglais. Il a dérivé vers "mendiant, clochard, fainéant, traine-savate" en Américain (to bum = taxer, emprunter), sens qu'il semble prendre ici. En dehors de quelques snobinards qui "matchent" et "mergent", et de rares ignares qui "renseignent des téléphones qui les interpellent", pas sûr que le mot soit compris en France… Alors pourquoi pas "Les rats de plage" ?!

Bonus : entretien avec la réalisatrice lors du Festival du cinéma américain de Deauville.



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Frankie (Harris DICKINSON)

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Donna (Kate HODGE)
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Frankie (Harris DICKINSON) - Alexei (David IVANOV) - Nick (Frank HAKAJ) - Jesse (Anton SELYANINOV)

Frankie (Harris DICKINSON) - Jeremy (Harrison SHEEHAN)

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